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L'énergie solaire en pleine expansion : les enjeux du raccordement au réseau électrique

Ces dernières années, le secteur des énergies renouvelables en France a connu une véritable accélération avec une augmentation significative du nombre d’installations de panneaux solaires. En 2024, ce sont 4.6 GW qui ont été raccordés, témoignant de l’essor de l’énergie solaire photovoltaïque en France. 

Cependant, cette croissance rapide comporte certains défis. L’un des principaux obstacles pour les développeurs de projets solaires réside dans la difficulté de se raccorder à un poste électrique, tout en devant faire face à la concurrence. Cette tendance, exacerbée par la saturation progressive des réseaux, complique de plus en plus la sélection des terrains et la planification des projets à venir.

Caparéseau qui repose sur les données d’Enedis, est l’unique source de vérité utilisée par les développeurs solaires pour consulter et suivre l’évolution des capacités d’accueil pour le raccordement des installations de production d’électricité aux réseaux de transport et de distribution. 
Dans cette analyse, nous allons nous intéresser aux variations des capacités électriques sur Caparéseau.

Méthodologie

Le site Caparéseau réalise des mises à jour régulières pour ajuster les capacités électriques et refléter plus précisément la disponibilité des postes électriques en se basant sur les nouvelles demandes de raccordement et sur les travaux prévus au niveau des postes. Afin d’évaluer l’impact des changements de capacité des postes électriques, nous avons comparé les variations des capacités électriques et des installations photovoltaïques avant et après l’actualisation de Caparéseau en décembre dernier.

 

Nous avons étudié l’ensemble des postes ayant une capacité supérieure à 15 MW, afin de nous concentrer exclusivement sur les projets photovoltaïques au sol, en excluant les futurs projets S3RENR, pour se focaliser sur le réseau déjà existant.

Principales conclusions

1. Un important taux de chute de la capacité électrique

Entre le 23 et le 25 décembre 2024, la somme de la capacité électrique totale a chuté de 7.9%. Cette diminution réduit significativement la capacité disponible pour de nouvelles installations photovoltaïques.

2. Réduction significative de la disponibilité des postes électriques

En raison de cette diminution de capacité, 14,8 % des postes électriques ont désormais une capacité inférieure à 15 MW, seuil minimal pour accueillir un projet solaire de 20 hectares. Cette baisse a pour effet de réduire le nombre de points de raccordement disponibles pour les projets futurs.

3. L'émergence de zones à faible couverture de postes électriques disponibles

Cette baisse de la capacité et du nombre de postes disponibles a un impact géographique certain. Plusieurs départements se retrouvent désormais dans des zones où la capacité de raccordement est quasi inexistante.

 

Parmi les zones les plus touchées, on retrouve des départements tels que : 

• l’Aube (10),
• l’Yonne (89),
• la Meuse (55),
• la Haute-Marne (52),
• la Côte-d’Or (21),
• l’Indre (36),
• la Haute-Vienne (87),
• la Creuse (23),
• la Nièvre (58),
• le Cher (18),
• l’Allier (03),
• la Corrèze (19),
• le Cantal (15),
• la Marne (51)

 
 
 
C’est d’ailleurs dans la plupart de ces départements que l’on a observé une augmentation de puissance installée au dernier trimestre de 2024.
Répartition de la puissance installée au T4 2024
Variation des capacités électriques entre le 23 et le 25 décembre

En attendant les futurs travaux de remise à niveau de la capacité ou la création de nouveaux postes électriques dans ces régions, l’identification de projets viables reste complexe.

Conclusion

Grâce à notre analyse automatisée et en temps réel, nous sommes en mesure d’orienter l’identification et la sélection de terrains les plus pertinents, adaptés aux spécificités du contexte actuel.

Cependant, la mise à jour périodique de Caparéseau met en évidence un problème majeur : la fréquence actuelle des mises à jour, qui ne suit pas un rythme régulier (par exemple, quotidien), entraîne une perte d’informations essentielles, telles que les projets récemment raccordés. Cette situation résulte de la lenteur dans la mise à disposition des informations, du temps de réaction des gestionnaires de réseau et de l’adaptabilité insuffisante face à l’essor des énergies renouvelables.

Une mise à jour plus fréquente et régulière permettrait de mieux suivre les évolutions, d’optimiser la gestion des réseaux et de soutenir efficacement le développement des ENR.

Pour les développeurs, la quête de terrains viables et le besoin de vision claire des développements solaires futurs deviennent de plus en plus complexes, notamment dans les départements les plus touchés.